Recruter différemment ; comment nos voisins européens s’y prennent-ils ?

Faites un test, demandez à 10 managers ou responsables RH d’un même secteur la façon dont ils recrutent leurs équipes, et vous avez de fortes probabilités d’avoir au moins 5 réponses différentes… Certains vous diront qu’il est plus important de s’assurer de la véracité du CV du candidat que de tester ses aptitudes , ils utiliseront principalement des outils comme le contrôle de référence et conduiront le plus souvent des entretiens individuels directifs… D’autres soutiendront l’inverse et seront plus sensibles aux méthodes de recrutement par simulation, aux « assessments » center ou aux tests-psychotechniques.
Bref, au final, autant de pratiques que de profils dans leurs CVthèques.

Est-ce que « recruter » est aussi complexe chez nos voisins européens ? Existe–t-il une « culture du recrutement » spécifique à chaque pays ?

Au nord de l’Europe, les employeurs utilisent majoritairement le competency based interview, méthode d’entretien assez directive qui a pour objectif de se focaliser sur les compétences à détenir pour obtenir le poste, plus que sur l’expérience du candidat – cette méthode repose sur une conduite d’entretien dynamique, puisque le recruteur pose une succession de questions en partant d’une situation générale avant d’affiner son interview sur une situation professionnelle très précise. Par ce biais Il cherche à identifier comment le candidat recontextualise et synthétise ses propos.

Au sud, la tendance se retrouve plus vers la « cooptation » – c’est-à-dire favoriser le réseau professionnel ou personnel des salariés déjà en poste. Le recrutement, souvent sous forme d’entretien, est utilisé pour confirmer plus que pour évaluer. Peu coûteuse, cette pratique peut s’avérer fort efficace, surtout pour des entreprises qui ont du mal à attirer les talents. Néanmoins, quand elle est associée à du favoritisme, elle peut avoir des conséquences plus néfastes, à l’image du maire d’une petite ville du Sud de l’Espagne qui a « distribué » les postes qu’il avait en faisant… une loterie pour éviter qu’on lui reproche de faire du copinage !

Bien entendu, nous parlons ici de « tendance », ce qui est loin de constituer une généralité ; au final, quand on regarde de plus près, le recrutement tient plus de la culture de l’entreprise que de la culture même du pays dans lequel elle est implantée

 

Loterie ou méthodes classiques, qu’est ce qui colle le plus à votre culture d’entreprise ?