Reformer le droit du travail …mais pourquoi faire ?

Le rapport de Jean-Denis Combrexelle du 09 septembre dernier, sur « La négociation collective, le travail et l’emploi » a suscité de nombreux débats auprès des partisans politiques et syndicats professionnels. Les chefs d’entreprise, RH, managers,  salariés et professionnels de l’emploi, premiers concernés, sont dans l’attente de l’opérationnalisation des préconisations effectuées.

La réforme du droit du travail est loin d’être une idée nouvelle.  L’ensemble des parties prenantes est unanime : aujourd’hui, la législation sociale française est dépassée. Modifier, ajuster, revisiter sont des actions nécessaires à déployer pour s’adapter. Et pas seulement pour simplifier la compréhension et l’application du cadre légal ; il s’agit, avant tout, de se réapproprier notre environnement de travail en favorisant l’innovation managériale.

Explications.

Adapter la législation sociale aux enjeux contextuels.

S’il y a une chose à retenir du rapport Combrexelle, c’est sa volonté de « (re)dynamiser la négociation collective ». Loin d’être inactive en France (51 accords de branche et 36500 accords d’entreprise ont été signés en 2014), la négociation collective est cependant perçue comme un « coût » par les employeurs, et comme « un coup d’épée dans l’eau » par les partenaires sociaux. Et pour cause – leur capacité à disposer des préconisations qu’ils défendent est proportionnellement liée aux contraintes du droit du travail. Pas facile d’impliquer les individus quand même les parties prenantes de la négociation ne détiennent pas le pouvoir d’agir sur les thématiques de fonds, aujourd’hui devenues « taboues » : l’emploi, les salaires, les conditions de travail et le temps de travail.

Réintégrer l’individu dans son environnement professionnel, c’est lui permettre de s’impliquer pleinement dans le dialogue social. Ce dialogue pourra être adapté à chaque contexte. Comment ? En privilégiant la négociation collective aux dispositions règlementaires prévues par le droit du travail, propose le rapport Combrexelle.

Faire de la négociation collective un levier de performance sociale et financière.

Pour le management opérationnel, c’est l’occasion de travailler sa position de « business and human partner ». Adopter un management responsable (par exemple, intégrer la question des conditions de travail et les pratiques managériales dans la négociation collective) ou encore travailler sur les stratégies de coopétition entre salariés (pour assurer le développement et la continuité de la représentation salariale dans le dialogue social) sont autant de leviers qu’il deviendraient possible d’activer et de faire fructifier. La négociation collective se présenterait alors comme l’outil de prédilection pour valoriser et sécuriser le capital humain, là où aujourd’hui, elle est perçue comme une obligation règlementaire. Ne serait-elle pas une belle contribution au développement de la performance globale de l’entreprise ?

2 thoughts on “Géométrie Variable revient sur la réforme du droit du travail

  1. Faudra t-il que les représentants soient en nombre suffisant et suffisamment représentatifs des salariés et des employeurs…c’est en sens que le bât pourrait blesser

  2. La volonté de réformer le droit du travail est une constante en France. Il suffit d’observer les 25 dernières années pour s’en convaincre.
    L’émission de France Inter « Affaires Sensibles » du 22 septembre 2015 retrace l’histoire de la réforme du temps de travail qui débuta au milieu des années 1990.
    De la loi Robien sur l’aménagement du temps de travail du 11 juin 1996 aux lois Aubry 1 puis Aubry 2 en 1999 nous relisons tout au long de l’émission cette page d’histoire. La promesse d’une grande réforme et de son cortège de promesses, le tout placé sous le signe du dialogue social qui prévoyait déjà le « Gagnant, Gagnant, Gagnant » pour reprendre l’expression de certains.
    Mais aujourd’hui, les promesses faîtes aux salariés, aux entreprises et plus généralement à nous tous ont-elles étaient tenues ?
    Les effets sur l’emploi et le partage du travail ont-ils étaient au RDV ?
    Le dialogue social a-t-il était réellement mis en oeuvre voir renforcé ?
    La compétitivité de nos entreprises s’est-elle améliorée ?
    Globalement que pouvons-nous en tirer comme conclusion aujourd’hui ?
    Je vous laisse apprécier, 15 ans après, et à l’écoute de cette rétrospective (http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1155209) la portée réelle de ces mesures et l’atteinte ou non des promesses faîtes.

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